Après Ozempic, Hims & Hers prépare des peptides en ligne : ce que ça change pour vous

Ce jeudi 29 octobre, Hims & Hers a ouvert une liste d'attente pour des peptides sur ordonnance vendus en ligne aux États-Unis, BPC-157 compris « quand ce sera permis ». En France et en Belgique, ces produits restent non autorisés.

Préparation d'une injection

Vous avez vu passer sur Instagram des pubs pour des « peptides » censés réparer les tendons ou ralentir le vieillissement ? Ce jeudi 29 octobre, l’américain Hims & Hers, géant de la consultation médicale en ligne connu pour ses copies d’Ozempic, a ouvert une liste d’attente pour « Peptides+ ». Le principe : des peptides sur ordonnance, préparés par des pharmacies, commandés depuis son téléphone. Rien de tout cela n’arrive en France. Mais le signal est fort.

Ce qu’il faut retenir

  • 29 octobre : Hims & Hers ouvre la liste d’attente « Peptides+ » aux États-Unis.
  • D’abord sermoréline, glutathion, B12, NAD+ et L-carnitine ; BPC-157 et TB-500 « quand ce sera permis ».
  • La politique américaine du 30 octobre tolère, sans autoriser, six peptides préparés en pharmacie.
  • En France et en Belgique : pas d’autorisation, BPC-157 et TB-500 interdits par l’antidopage.

Que vend Hims & Hers, exactement ?

L’annonce tient en un billet de blog signé par le patron et cofondateur, Andrew Dudum. L’entreprise prévoit d’abord cinq produits : la sermoréline, le glutathion, la vitamine B12, le NAD+ et la L-carnitine. Deux autres viendront « quand ce sera permis » : le BPC-157 et le TB-500, deux peptides vantés pour la récupération après une blessure.

Attention, tout n’est pas « peptide » dans ce panier. Un peptide est une petite chaîne d’acides aminés, les briques des protéines. La sermoréline en est un : elle imite une hormone qui pousse le corps à fabriquer de l’hormone de croissance. Le glutathion aussi, en version minuscule. En revanche, la B12 est une vitamine et le NAD+ une molécule de l’énergie des cellules.

Aucun prix n’est annoncé. Les produits seraient fournis par des pharmacies agréées et prescrits par des médecins indépendants, après une consultation à distance.

« Nous voulons entrer sur ce marché de la bonne manière, pas de la plus rapide », écrit Andrew Dudum (traduit par nos soins).

Le même texte reconnaît que l’essentiel des connaissances sur ces produits « reste précoce » et que, faute d’études publiées, l’entreprise s’appuie surtout sur l’expérience des médecins.

Pourquoi maintenant ?

Parce que Washington vient d’entrouvrir la porte. Le ministère américain de la Santé a publié ce vendredi 30 octobre au Journal officiel des États-Unis une politique provisoire. Elle dit qu’il ne poursuivra pas les pharmacies qui préparent six peptides, dont le BPC-157 et le TB-500, sous dix conditions. Nous avons détaillé ce texte dans notre enquête, ainsi que l’opposition des scientifiques de l’Agence américaine du médicament.

Ce n’est ni une autorisation, ni une validation scientifique. Une ordonnance pour chaque patient reste obligatoire. Et le ministère peut faire marche arrière en cas de problème de sécurité.

Hims & Hers s’y prépare depuis l’été. En août, il disait tester le BPC-157 dans son usine californienne. Le moment compte aussi : l’entreprise réduit ses copies de médicaments anti-obésité et cherche un nouveau relais. À l’annonce du ministère, son action a pris environ 5 % en Bourse.

Un analyste de la banque Leerink Partners parle d’un « feu orange » plutôt que d’un feu vert. L’association de consommateurs Public Citizen accuse, elle, le ministre Robert F. Kennedy Jr. de menacer la santé publique.

Pourquoi rester prudent ?

  • Qui parle ? L’annonce vient d’une entreprise cotée qui va vendre ces produits. Ce n’est pas une étude.
  • Quelles preuves ? Pour le BPC-157 et le TB-500, l’essentiel des données vient d’animaux ou de cellules en laboratoire. Les essais chez l’humain sont rares et minuscules.
  • Quels contrôles ? Le texte américain exige des matières premières contrôlées, pas un test de chaque flacon fini.
« Il n’ajoute aucun test du flacon fini », résume la médecin américaine Céline Gounder dans une analyse publiée jeudi.

Elle souligne aussi que seuls les effets indésirables graves doivent être déclarés. Un effet qui toucherait 1 utilisateur sur 100 pourrait passer inaperçu.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

En France et en Belgique, rien. Le BPC-157, le TB-500 ou la sermoréline n’ont aucune autorisation de mise sur le marché chez l’humain. En juillet, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alertait déjà sur ces peptides injectables vendus en ligne, après une dizaine d’intoxications graves en France. Pour les sportifs, le BPC-157 et le TB-500 figurent sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage.

Hims & Hers vise aussi l’Europe, France comprise, depuis l’annonce du rachat de la plateforme Zava en 2025. Mais Peptides+ ne concerne que les États-Unis. Commander un de ces produits à l’étranger reste une mauvaise idée : contenu incertain, risque de contamination, colis saisi en douane.

Si un peptide vous tente, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. Trois questions utiles :

  • Existe-t-il un traitement autorisé pour mon problème (tendon, fatigue, poids) ?
  • Que sait-on vraiment de ce produit chez l’humain ?
  • Quels risques avec mes traitements actuels ?

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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