Ozempic battu par le rétatrutide : 2 fois plus de kilos perdus, ce que l’on sait vraiment

Ce mercredi 28 octobre, Eli Lilly a annoncé que son rétatrutide avait fait perdre deux fois plus de poids qu'Ozempic à des personnes diabétiques, sur 80 semaines. Des chiffres du fabricant, pour un médicament encore non autorisé.

Préparation d'une injection

Vous êtes sous Ozempic pour votre diabète et vous vous demandez ce qui viendra après ? Ce mercredi 28 octobre, le laboratoire américain Eli Lilly a publié les premiers résultats d’un essai qui oppose directement son futur traitement, le rétatrutide, à Ozempic. Sur 80 semaines, les participants sous rétatrutide ont perdu en moyenne deux fois plus de poids. Mais ces chiffres viennent du fabricant, et le médicament n’est autorisé nulle part.

Ce qu’il faut retenir

  • Essai de phase 3 sur 1 298 adultes avec un diabète de type 2, pendant 80 semaines.
  • Poids : environ -21 % sous rétatrutide (dose la plus forte) contre -9,4 % sous Ozempic à sa dose maximale.
  • Glycémie : l’HbA1c baisse de 2,2 points contre 1,8 point sous Ozempic.
  • Plus d’arrêts pour effets indésirables sous rétatrutide (jusqu’à 7,9 % contre 2,7 %).
  • Résultats annoncés par Lilly, pas encore publiés dans une revue. Médicament non autorisé en France ni en Belgique.

Qu’a montré l’essai ?

L’essai s’appelle TRANSCEND-T2D-2. Il a réuni 1 298 adultes atteints de diabète de type 2 mal équilibré malgré la metformine, le traitement de base du diabète. Les participants pesaient en moyenne 102 kg au départ. Ils ont été répartis au hasard entre deux doses de rétatrutide (9 mg et 12 mg, les doses testées dans l’essai) et Ozempic à 2 mg, sa dose maximale autorisée.

Après 80 semaines, soit un peu plus d’un an et demi, voici les résultats communiqués par Lilly :

  • Poids : -20,9 % (environ 21,5 kg) avec la dose la plus forte de rétatrutide, -19,5 % (environ 20 kg) avec la plus faible, contre -9,4 % (environ 9,5 kg) sous Ozempic.
  • Glycémie : l’HbA1c, la mesure du sucre dans le sang sur trois mois, est passée de 8,3 % en moyenne à environ 6,1 % sous rétatrutide (-2,2 points), contre -1,8 point sous Ozempic.
  • Le cholestérol non-HDL, les triglycérides et la tension artérielle se sont aussi davantage améliorés sous rétatrutide.

Concrètement : pour une personne de 100 kg, cela représente environ 20 kilos perdus contre une dizaine sous Ozempic.

Pourquoi ce médicament va-t-il plus loin ?

Ozempic copie une seule hormone de l’intestin, le GLP-1, qui calme l’appétit. Mounjaro en copie deux. Le rétatrutide en imite trois : le GLP-1, le GIP et le glucagon, une hormone qui pousse le corps à brûler davantage d’énergie. D’où son surnom de « triple agoniste ».

Chez Lilly, on parle déjà d’un tournant. « Nous pensons que le rétatrutide, s’il est approuvé, pourrait changer la façon de traiter les personnes vivant avec un diabète de type 2 », a déclaré Kenneth Custer, président de la division cardiométabolique du groupe, dans le communiqué repris par Reuters (traduit par nos soins).

Et les effets secondaires ?

Ils ressemblent à ceux d’Ozempic, avec quelques écarts. Sous la dose la plus forte de rétatrutide, 32,7 % des participants ont eu des diarrhées (26,4 % sous Ozempic), 23,8 % des nausées (21,3 %) et 15 % des vomissements (13,2 %). La constipation était en revanche moins fréquente (13,1 % contre 19,8 %).

Un signal mérite l’attention : des dysesthésies, c’est-à-dire des sensations anormales sur la peau (picotements, sensibilité au toucher), chez 6,5 % des participants sous rétatrutide 12 mg contre 2,7 % sous Ozempic. Surtout, 7,9 % des personnes sous la dose forte ont arrêté le traitement à cause d’effets indésirables, contre 2,7 % sous Ozempic. Selon Lilly, la plupart des effets étaient légers à modérés.

Pourquoi rester prudent ?

  • Ce sont les chiffres du fabricant. Ils viennent d’un communiqué de presse. Les données complètes doivent être présentées en congrès puis publiées dans une revue scientifique, à une date non précisée. Aucun expert indépendant ne les a encore commentées publiquement.
  • Un essai « ouvert ». Participants et médecins savaient quel traitement était pris, ce qui peut influencer certains résultats.
  • Un calcul favorable. Les pertes de poids annoncées correspondent aux personnes restées sous traitement, comme le relève le média spécialisé STAT. Les résultats sur l’ensemble des participants, y compris ceux qui ont arrêté, seront probablement un peu moins spectaculaires.

Ce qu’on ne sait pas encore

On ne sait pas quand le rétatrutide pourrait être autorisé. Le communiqué de Lilly ne donne aucun calendrier de dépôt auprès des autorités. On ne connaît pas non plus son prix, ni ses effets au-delà de 80 semaines : une partie des participants (environ 650) poursuit le traitement 24 semaines de plus. Enfin, un autre essai le compare cette fois à Mounjaro : ses résultats ne sont pas encore connus.

Le rétatrutide avait déjà fait parler de lui chez les personnes en situation d’obésité, et pour ses effets sur les reins (notre article du 23 octobre).

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Rien pour l’instant. Le rétatrutide est un médicament expérimental : il n’est autorisé ni en France ni en Belgique, ni par l’Agence européenne du médicament, ni aux États-Unis. Il ne peut être obtenu que dans le cadre d’un essai clinique.

  • Vous êtes sous Ozempic et votre diabète est bien contrôlé ? Ces résultats ne sont pas une raison de changer ou d’arrêter votre traitement. Parlez-en à votre médecin si vous avez des questions.
  • Attention aux produits vendus en ligne sous le nom de « rétatrutide » : ce ne sont pas des médicaments contrôlés, et leur contenu n’est pas garanti.
  • Pour comparer les traitements autorisés aujourd’hui, consultez notre comparatif des traitements GLP-1.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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