Wegovy, Mounjaro : 1 jeune Coréen sur 6 en a pris en un an, faut-il s’inquiéter ?

Selon un sondage de KB Financial publié dimanche 25 octobre, 16,5 % des jeunes Coréens de la génération Z disent avoir pris un GLP-1 type Wegovy ou Mounjaro en un an. En France, l'ANSM alerte déjà sur un mésusage pour maigrir, surtout chez les jeunes.

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Vous avez 25 ou 30 ans, pas de problème de poids, et on vous parle de « la piqûre qui fait maigrir » ? Selon un sondage publié dimanche 25 octobre par le groupe bancaire KB Financial, en Corée du Sud, 16,5 % des jeunes adultes de la génération Z, soit environ 1 sur 6, disent avoir pris ou s’être fait prescrire un médicament de la famille des GLP-1, celle de Wegovy et Mounjaro, au cours de l’année écoulée.

Ce qu’il faut retenir

  • Corée du Sud : 1 adulte sur 10 (10,3 %) déclare avoir pris ou reçu un GLP-1 en un an, 16,5 % chez la génération Z.
  • 48,2 % des jeunes qui envisagent d’en prendre citent d’abord l’apparence ; 57,3 % des sondés craignent les effets secondaires.
  • Sondage déclaratif en ligne auprès de 2 000 citadins de 25 à 69 ans, commandé par un groupe bancaire.
  • En France, l’ANSM a recensé 36 effets indésirables liés au mésusage pour maigrir, dont 17 graves, surtout chez des jeunes.

Que dit ce sondage ?

Le « 2026 Korea Wellness Report » a été réalisé par l’institut de recherche de KB Financial Group. Il s’appuie sur un questionnaire en ligne rempli du 21 juillet au 5 août par 2 000 personnes de 25 à 69 ans vivant dans les grandes villes. Les GLP-1 sont des traitements qui imitent une hormone intestinale : ils calment l’appétit et ralentissent la vidange de l’estomac.

  • 1 adulte sur 10 (10,3 %) en a utilisé ou reçu sur ordonnance dans l’année.
  • La génération Z (nés à partir de 1995) arrive en tête avec 16,5 %, devant les millennials, nés de 1980 à 1994 (14,2 %), la génération X (7,7 %) et les baby-boomers (2,9 %).
  • 57,3 % des sondés se disent inquiets des effets secondaires.

Attention à un raccourci qui circule : les 48,2 % liés à l’apparence ne concernent pas les jeunes qui en ont déjà pris. C’est la première raison citée par les jeunes de la génération Z qui envisagent d’en prendre. Pour tous âges confondus, la santé reste la raison n°1 (40,4 %), devant l’apparence (31,9 %). Près de 4 jeunes sur 10 (39,7 %) se disent prêts à essayer.

Pourquoi ces médicaments sont-ils risqués sans obésité ?

Dès décembre 2025, Kang Jae-hun, professeur de médecine familiale à l’hôpital Kangbuk Samsung, prévenait dans le Korea Herald (traduit par nos soins) :

« Les personnes à l’IMC normal qui prennent ces médicaments uniquement pour mincir s’exposent à des risques accrus, comme l’anémie, la chute de cheveux et la fonte musculaire. »

L’IMC, ou indice de masse corporelle, rapporte le poids à la taille. Le même article rappelait que l’Assurance maladie coréenne avait repéré des prescriptions de Wegovy à des enfants de moins de 12 ans et à des femmes enceintes, deux publics interdits. En juillet 2025, l’institut public coréen de promotion de la santé avait aussi mis en garde contre les idéaux corporels « déformés » diffusés en ligne. Côté trafic, relisez notre article sur les saisies de stylos en Corée et au Japon.

Et en France, que disent les autorités ?

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié le 7 octobre son troisième rapport de pharmacovigilance, c’est-à-dire de surveillance des effets indésirables, sur ces traitements. Elle y pointe « la persistance de mésusages dangereux, notamment pour la perte de poids en dehors de tout cadre médical ». Entre février 2025 et janvier 2026, 36 déclarations d’effets indésirables étaient liées à ce mésusage, dont 17 graves, parmi lesquelles 5 pancréatites aiguës (inflammation brutale du pancréas). L’agence précise que ces cas « concernaient plutôt des personnes jeunes ». Dans 2 cas sur 3, le produit venait d’internet, de proches ou de l’étranger. Et dans plus de 9 cas sur 10, les doses étaient trop élevées ou augmentées trop vite.

En France, Wegovy et Mounjaro sont autorisés dans l’obésité, sur ordonnance. Ils sont remboursés depuis le 15 juin 2026 à 65 %, mais seulement pour l’obésité sévère (IMC d’au moins 40, ou 35 avec une maladie associée), après échec d’une prise en charge nutritionnelle. Hors de ce cadre, Wegovy coûte de 146,91 à 195,10 euros et Mounjaro de 176,10 à 433,80 euros. En Belgique, selon Test-Achats fin 2025, aucun des deux n’était remboursé dans l’obésité par l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI).

Pourquoi rester prudent ?

  • C’est un sondage déclaratif : les chiffres reposent sur ce que les gens disent, sans vérification médicale. On ne sait pas combien avaient un surpoids réel.
  • Il est mené par un groupe bancaire auprès de 2 000 citadins coréens, sans effectifs publiés par génération. Il ne se transpose pas tel quel à la France.
  • Une intention n’est pas un usage : les 48,2 % concernent ceux qui envisagent d’en prendre, pas ceux qui en ont pris.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Si vous êtes tenté, parlez-en d’abord à votre médecin. Posez-lui trois questions simples : mon poids justifie-t-il vraiment ce traitement ? Quels effets indésirables surveiller ? Que se passe-t-il à l’arrêt ? Sur ce dernier point, lisez notre dossier sur la reprise de poids après l’arrêt, et sur l’usage sans diabète, notre enquête dédiée. Comme le rappelle l’ANSM, ces médicaments doivent « toujours être obtenus avec une ordonnance, en pharmacie, jamais sur internet ».

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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