Psoriasis : un peptide en comprimé reste efficace plus de 2 ans, ce qu’il faut savoir

Un comprimé de peptide contre le psoriasis garde son efficacité plus de deux ans : au moins 7 patients sur 10 ont une peau nette ou presque, selon Johnson & Johnson ce vendredi 9 octobre. Autorisé en Europe depuis septembre.

Soin de la peau

Vous souffrez de psoriasis et vous en avez assez des piqûres ? Aujourd’hui, les traitements les plus puissants contre les formes sévères s’injectent sous la peau. Un comprimé à avaler chaque matin pourrait changer la donne. Et selon de nouvelles données publiées ce vendredi 9 octobre par Johnson & Johnson, son effet tient dans la durée : plus de deux ans.

Ce qu’il faut retenir

  • Icotyde (icotrokinra) est un peptide avalé en comprimé qui bloque le récepteur de l’interleukine 23.
  • Après 112 semaines, au moins 70 % des patients traités avaient une peau nette ou presque, selon le fabricant.
  • Autorisé aux États-Unis le 17 mars 2026 et dans l’Union européenne le 18 septembre 2026.
  • Données à deux ans issues d’un poster de congrès, essai financé par Johnson & Johnson.

De quoi parle-t-on ?

Le médicament s’appelle Icotyde. Sa molécule : l’icotrokinra. C’est un peptide, c’est-à-dire une petite chaîne d’acides aminés, les briques qui forment nos protéines. Notre corps en fabrique beaucoup, comme l’insuline.

Le problème, c’est que l’estomac et l’intestin sont faits pour digérer ces chaînes. Avalé, un peptide classique est coupé en morceaux avant d’agir. C’est pour cela que la plupart des médicaments de ce type se piquent. Réussir à faire passer un peptide par la bouche, sans qu’il soit détruit, est donc une vraie prouesse technique. Le laboratoire le présente comme le premier et le seul « peptide oral ciblé » de ce genre.

Sa cible : le récepteur de l’interleukine 23. L’interleukine 23 est un messager de l’inflammation. Selon l’Inserm, elle attire des globules blancs dans la peau, qui entretiennent l’inflammation et accélèrent le renouvellement des cellules de la peau. Résultat : des plaques rouges qui pèlent. En bloquant la « serrure » de ce messager, le comprimé coupe le signal. Certains traitements injectables visent déjà cette même voie.

Qu’ont montré les nouveaux résultats ?

Les chiffres viennent du principal essai de phase 3, le dernier stade avant une autorisation. Il a inclus 684 personnes de 12 ans et plus, atteintes d’un psoriasis en plaques modéré à sévère. Deux sur trois ont reçu le comprimé, les autres un placebo (un comprimé sans principe actif) au départ.

Après 16 semaines, les premiers résultats avaient été publiés en 2025 dans le New England Journal of Medicine. La moitié des patients sous comprimé avaient une peau améliorée d’au moins 90 %, contre 4 % sous placebo.

Les nouvelles données couvrent 112 semaines, soit un peu plus de deux ans. Selon le fabricant, entre la 64e et la 112e semaine, au moins 7 patients traités sur 10 avaient une peau nette ou presque nette. Plus de 4 sur 10 avaient une peau totalement blanchie. Les démangeaisons restaient nettement soulagées chez près de 8 patients sur 10. Aucun nouveau signal d’alerte sur la sécurité n’a été relevé.

Est-ce que les médecins y croient ?

Le dermatologue américain Mark Lebwohl, de l’hôpital Mount Sinai à New York, a participé à l’essai. Il insiste sur la durée : « Le psoriasis en plaques étant une maladie chronique qui dure toute la vie, des résultats durables sont essentiels dans le choix d’un traitement » (traduit par nos soins). Attention : le communiqué précise qu’il est consultant rémunéré par Johnson & Johnson.

Côté laboratoire, David M. Lee, responsable de l’immunologie chez Johnson & Johnson, parle d’un « changement révolutionnaire dans le traitement du psoriasis en plaques ». Un discours attendu de la part du fabricant.

Pourquoi rester prudent ?

  • Qui finance ? L’essai est financé par Johnson & Johnson, qui commercialise le médicament.
  • Quelles données ? Les résultats à deux ans sont présentés sous forme de poster lors d’un congrès américain de dermatologie. Ils n’ont pas encore été publiés dans une revue scientifique relue par des experts.
  • Quels effets indésirables ? Les plus fréquents sont maux de tête, nausées, toux, infections à champignons et fatigue. La notice met en garde contre les infections graves, dont la tuberculose.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Le comprimé est autorisé aux États-Unis depuis le 17 mars 2026. En Europe, l’autorisation a été accordée le 18 septembre 2026, après un avis favorable de l’Agence européenne des médicaments en juillet. Elle vaut pour la France et la Belgique. Elle concerne les adultes et les adolescents de 12 ans et plus pesant au moins 40 kg, dont le psoriasis justifie un traitement général. Le prix et le remboursement doivent encore être fixés dans chaque pays. Selon l’Inserm, le psoriasis touche environ 2 % des Français.

Ce comprimé n’est pas destiné aux psoriasis légers. Si vos injections vous pèsent, parlez-en à votre dermatologue. Quelques questions utiles : ce comprimé est-il adapté à ma forme de psoriasis ? Quand sera-t-il disponible et remboursé ? Quels examens faut-il faire avant, notamment pour la tuberculose ? Comment se compare-t-il à mon traitement actuel ?

Pour aller plus loin, découvrez notre guide des peptides. Le sémaglutide existe aussi en comprimé : lisez notre fiche sémaglutide et notre enquête sur les pubs illégales pour Wegovy en comprimé.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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