Ozempic, Wegovy et achats impulsifs : une étude va tester leur effet, ce qu’il faut savoir

Aucun résultat pour l'instant : une équipe de la Wharton School va tester par IRM, sur environ 180 volontaires, si les GLP-1 freinent les envies de dépenser. Le projet, financé par Noom, a été présenté par CBS News ce jeudi 8 octobre.

Billets et pièces en euros

Vous prenez Ozempic ou Wegovy et vous avez l’impression de moins craquer devant une vitrine, une promo en ligne ou un ticket de loto ? Pour l’instant, ce n’est qu’une impression. Une équipe de la Wharton School, l’école de commerce de l’Université de Pennsylvanie, aux États-Unis, va justement tenter de le mesurer. Le projet a été présenté par la chaîne américaine CBS News dans un article mis à jour ce jeudi 8 octobre. Point essentiel : l’étude n’a pas encore commencé et aucun résultat n’existe.

Ce qu’il faut retenir

  • Aucun résultat : l’étude de la Wharton School commence son recrutement mi-octobre 2026, jusqu’en mars 2027 environ.
  • Environ 180 volontaires passeront une IRM pendant des tâches sur la nourriture et sur l’argent.
  • Le financeur, Noom, vend des programmes GLP-1 : conflit d’intérêts à garder en tête.
  • Aucun GLP-1 n’est autorisé contre les achats compulsifs ou le jeu.

Que va tester cette étude ?

Les médicaments de la famille des GLP-1 (des copies d’une hormone intestinale qui calme l’appétit), comme le sémaglutide d’Ozempic et de Wegovy, agissent aussi sur le cerveau. Beaucoup d’utilisateurs décrivent un « bruit alimentaire » qui baisse, ces pensées envahissantes tournées vers la nourriture, un effet que nous avions détaillé à propos d’une autre étude d’imagerie cérébrale. La question des chercheurs est simple : si ces traitements freinent l’envie de manger, freinent-ils aussi l’envie de dépenser ?

Ils veulent observer le circuit de la récompense, la zone du cerveau qui nous pousse vers ce qui fait plaisir. Selon CBS News, l’équipe cherche à savoir si ces médicaments réduisent les tentations comme les achats de luxe ou les jeux d’argent.

Comment va-t-elle se dérouler ?

Environ 180 volontaires doivent être recrutés de mi-octobre 2026 jusqu’à mars 2027 environ, dans le laboratoire de recherche MindCORE de l’Université de Pennsylvanie. Chacun répondra d’abord à un questionnaire (profil, santé mentale, prise ou non d’un GLP-1) et fera un court exercice de réflexion.

Ensuite, direction l’IRM, l’appareil d’imagerie qui suit les variations du flux sanguin et de l’oxygène dans le cerveau. Pendant l’examen, quatre tâches : deux sur la nourriture, deux sur l’argent. Dans la première tâche financière, le participant regarde 14 images de produits, de services ou d’occasions de dépenser, sans marque visible. Dans la seconde, il doit choisir, par exemple entre 20 dollars tout de suite ou 50 dollars dans deux mois. Après l’examen, il devra assumer l’un de ses choix pour de vrai.

Le responsable, Michael Platt, neuroscientifique et directeur de l’initiative neurosciences de Wharton, ne cache pas ses attentes. « Nous pensons que les GLP-1 finiront par entraîner un certain remodelage structurel du cerveau », explique-t-il à CBS News (traduit par nos soins). Et d’ajouter : « Cela pourrait être très bon financièrement pour la personne moyenne. » Ce sont des hypothèses de chercheur, pas des conclusions.

Pourquoi rester prudent ?

  • Qui finance : l’étude est payée par Noom, une entreprise de santé numérique qui vend elle-même des programmes associant médicaments GLP-1 et accompagnement. Elle a donc intérêt à des résultats positifs. Son patron, Geoff Cook, est à l’origine des travaux sur lesquels repose l’hypothèse.
  • Taille de l’étude : environ 180 personnes, c’est un petit effectif, utile pour poser des pistes mais pas pour trancher.
  • Humain, mais en laboratoire : on mesurera des réactions dans un scanner, pas votre relevé bancaire sur plusieurs mois. Et une différence entre utilisateurs et non-utilisateurs ne prouvera pas que le médicament en est la cause.

À noter aussi : CBS News ne cite aucun expert extérieur à l’étude. Et la revue du MIT, la MIT Technology Review, rappelait ce vendredi 9 octobre que l’on découvre encore les effets de ces traitements ; elle mentionne seulement des recherches suggérant qu’ils pourraient aider en cas d’addiction à des substances.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Rien, pour l’instant. Aucun de ces médicaments n’est autorisé pour traiter les achats compulsifs, l’addiction au jeu ou les difficultés financières. En Europe, Wegovy est autorisé depuis janvier 2022 pour la gestion du poids chez l’adulte avec un indice de masse corporelle d’au moins 30, ou d’au moins 27 avec un problème de santé lié au poids, toujours en complément d’un régime et d’activité physique. Ozempic, qui contient la même molécule, est lui prescrit dans le diabète de type 2. En France comme en Belgique, prix et remboursement de ces traitements dépendent de l’indication et évoluent : nous faisons le point dans notre article dédié.

Si vous avez du mal à contrôler vos dépenses ou le jeu, parlez-en à votre médecin ou à un professionnel spécialisé dans les addictions. Et si vous êtes sous GLP-1 et remarquez un changement de comportement, quel qu’il soit, signalez-le lors de votre prochaine consultation. Résultats de l’étude attendus au mieux après le printemps 2027.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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