Dans son bilan publié le 7 octobre 2026, l’ANSM rappelle que la pancréatite aiguë reste l’effet indésirable grave le plus surveillé sous Ozempic, Wegovy et Mounjaro, avec deux décès pour lesquels un lien est jugé possible. C’est rare, mais c’est une urgence. Voici comment la reconnaître et quoi faire.
L’essentiel
- Signe principal : une douleur intense et persistante dans le haut du ventre, qui irradie souvent dans le dos, avec nausées ou vomissements.
- Dans ce cas, on consulte en urgence : appelez le 15 (112 en Belgique) ou rendez-vous aux urgences.
- Le bilan de l’ANSM détaille 2 décès par pancréatite chez des patients traités (lien jugé « possible ») et 5 pancréatites parmi les cas de mésusage.
- Les calculs biliaires et l’alcool sont les deux grandes causes de pancréatite, et peuvent s’ajouter au risque du traitement.
- Ne reprenez jamais le traitement de vous-même après une pancréatite : c’est au médecin de décider.
Ce que dit le rapport de l’ANSM
Le 3e bilan de pharmacovigilance des analogues du GLP-1 couvre la période de février 2025 à janvier 2026. Sur plus de 840 000 patients traités en France, 2 801 effets indésirables ont été déclarés, dont 515 graves (notre décryptage complet du rapport).
Parmi les décès détaillés figurent deux pancréatites aiguës mortelles, l’une sous sémaglutide (Ozempic, Wegovy), l’autre sous dulaglutide (Trulicity), avec un lien avec le médicament jugé « possible ». Le rapport recense aussi 5 pancréatites aiguës parmi les 36 cas de mésusage, c’est-à-dire chez des personnes qui utilisaient ces produits pour maigrir sans indication médicale, souvent à des doses trop fortes ou augmentées trop vite.
Dans ses recommandations, l’ANSM demande aux médecins d’informer leurs patients des symptômes de la pancréatite aiguë et de les suivre régulièrement.
Les signes qui doivent alerter
D’après le Manuel MSD, la pancréatite aiguë se manifeste par des « douleurs abdominales intenses dans le haut de l’abdomen ». Plusieurs caractéristiques aident à la distinguer des troubles digestifs habituels du traitement :
- La douleur est forte et ne passe pas : ce n’est pas une gêne qui va et vient après un repas, mais une douleur qui s’installe et dure des heures.
- Elle irradie souvent dans le dos, chez environ une personne sur deux.
- Elle s’aggrave en bougeant ou en toussant, et se soulage parfois en position assise, penché en avant.
- Elle s’accompagne souvent de nausées et de vomissements, parfois de fièvre, d’un pouls rapide ou d’un malaise.
La notice d’Ozempic est claire : en cas de douleurs intenses et persistantes au niveau de l’estomac, il faut consulter immédiatement un médecin.
Nausées habituelles ou pancréatite : comment faire la différence ?
Les nausées, les maux de ventre et les ballonnements sont très fréquents sous GLP-1, surtout en début de traitement et après chaque augmentation de dose. Ils sont en général modérés, passagers, et soulagés par des repas plus petits et moins gras.
La pancréatite, elle, se distingue par l’intensité et la persistance de la douleur. En pratique, la règle est simple : une douleur au ventre inhabituelle par sa force, qui dure, ou qui s’accompagne de vomissements répétés, justifie un avis médical rapide. Mieux vaut consulter pour rien que passer à côté.
Ce qui augmente le risque
La pancréatite n’est pas propre aux GLP-1. Dans la population générale, ses deux grandes causes sont, selon le Manuel MSD, les calculs biliaires (40 à 70 % des cas) et l’alcool (25 à 35 % des cas). Or ces facteurs peuvent s’ajouter au traitement :
- Les calculs biliaires : une perte de poids rapide favorise leur formation, et les problèmes de vésicule biliaire font partie des effets connus et surveillés de ces traitements.
- L’alcool, surtout en grande quantité (notre guide sur l’alcool sous GLP-1).
- Le mésusage : doses trop fortes, paliers sautés, produits achetés hors pharmacie. Le rapport de l’ANSM montre que les doses étaient trop élevées ou augmentées trop vite dans plus de 9 cas de mésusage sur 10.
- Des antécédents de pancréatite, à signaler impérativement au médecin avant de commencer.
Que faire si vous avez ces symptômes ?
- Appelez le 15 (le 112 en Belgique) ou rendez-vous aux urgences, en précisant que vous êtes sous Ozempic, Wegovy, Mounjaro ou un autre GLP-1.
- Ne faites pas votre injection suivante avant d’avoir vu un médecin. La notice prévoit d’arrêter le traitement en cas de suspicion de pancréatite.
- Ne reprenez pas le traitement de vous-même : si la pancréatite est confirmée, c’est le médecin qui décidera de la suite.
- Déclarez l’effet : patients comme médecins peuvent signaler un effet indésirable sur le portail officiel signalement.social-sante.gouv.fr. C’est grâce à ces déclarations que l’ANSM établit ses bilans.
Les limites
- Un signalement ne prouve pas que le médicament est en cause : pour les deux décès, le lien est jugé « possible », pas certain.
- À l’inverse, tous les cas ne sont pas déclarés : le nombre réel de pancréatites est probablement plus élevé que celui rapporté.
- Rapportée au nombre de patients traités, la pancréatite reste rare, et l’ANSM juge le rapport bénéfice-risque toujours favorable lorsque ces médicaments sont utilisés selon les recommandations.
Ce qu’il faut retenir
Sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro, les maux de ventre légers sont fréquents et le plus souvent sans gravité. Mais une douleur intense, persistante, qui irradie dans le dos, doit faire consulter en urgence. Connaître ce signe, éviter l’alcool en excès, respecter les paliers de dose prescrits et n’acheter ses stylos qu’en pharmacie : ce sont les meilleures protections, rappelées par l’ANSM.
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Sources
- ANSM – 3e rapport de pharmacovigilance sur les aGLP-1 : persistance du mésusage et risque d’interactions (7 octobre 2026)
- ANSM / CRPV de Montpellier – Synthèse du rapport 3 de l’enquête nationale sur les analogues du GLP-1 (PDF)
- Pharmactu – aGLP-1 : l’ANSM alerte sur le mésusage et de nouvelles interactions
- Manuel MSD (grand public) – Pancréatite aiguë
- Agence européenne du médicament – Ozempic, résumé des caractéristiques du produit et notice
- Portail de signalement des événements sanitaires indésirables
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Préparé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle et vérifié par la rédaction. Avertissement médical.
