Après Wegovy, la pilule anti-obésité de Lilly obtient le feu vert de l’Europe

Ce vendredi 16 octobre, l'Agence européenne des médicaments a recommandé d'autoriser Foundayo, le comprimé anti-obésité d'Eli Lilly, fabricant de Mounjaro. Jusqu'à 11 % du poids perdu dans les essais, mais ni prix ni date pour la France et la Belgique.

Comprimés sous blister

Une pilule par jour, à prendre quand vous voulez, même sans manger, à la place de la piqûre : c’est la promesse de Foundayo, le comprimé anti-obésité d’Eli Lilly, le fabricant de Mounjaro. Ce vendredi 16 octobre, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a recommandé de l’autoriser dans toute l’Union européenne, pour le surpoids et pour le diabète de type 2. Ce n’est pas encore une autorisation définitive, et rien n’est fixé pour la France ou la Belgique.

Ce qu’il faut retenir

  • L’EMA a donné un avis favorable à Foundayo (orforglipron) le 16 octobre 2026.
  • Dans les essais, de 5 à 11 % du poids perdu en 72 semaines selon la dose, contre 2 à 2,5 % avec un placebo.
  • Un comprimé par jour, à n’importe quelle heure, avec ou sans repas.
  • La Commission européenne doit encore donner son feu vert final.
  • Prix, remboursement et date de lancement en France et en Belgique : inconnus à ce jour.

Qu’est-ce que l’Europe vient de décider ?

Le comité des médicaments humains de l’EMA, qui s’est réuni du 12 au 15 octobre, a rendu un avis positif. L’agence l’a annoncé ce vendredi. Foundayo est recommandé chez l’adulte dans deux cas.

  • Pour perdre du poids : chez les adultes en obésité (indice de masse corporelle, ou IMC, d’au moins 30) ou en surpoids (IMC d’au moins 27) qui ont au moins un problème de santé lié au poids. Toujours avec une alimentation équilibrée et de l’activité physique.
  • Pour le diabète de type 2 : quand la glycémie, c’est-à-dire le taux de sucre dans le sang, reste mal contrôlée. Seul si la metformine ne convient pas, ou avec d’autres médicaments du diabète.

Selon l’agence Reuters, c’est le deuxième comprimé contre l’obésité soutenu par l’Europe, après Wegovy en comprimé de Novo Nordisk, autorisé dans l’Union européenne en juillet.

En quoi est-ce différent d’Ozempic ou de Mounjaro ?

Foundayo agit comme Ozempic : il imite le GLP-1, une hormone de l’intestin qui coupe l’appétit et aide à réguler le sucre. Mais sa molécule, l’orforglipron, n’est pas un peptide. C’est une petite molécule chimique, ce qui permet de l’avaler sans qu’elle soit détruite par la digestion.

Conséquence concrète : pas de piqûre, pas de stylo à garder au frais. Et, selon l’EMA, le comprimé peut se prendre à n’importe quel moment de la journée, avec ou sans nourriture. Le traitement démarre à une dose faible, augmentée ensuite selon la tolérance, toujours sous contrôle médical.

Combien de kilos perd-on vraiment ?

L’avis de l’EMA repose, pour le poids, sur deux études menées sur plus de 4 740 adultes. Après 72 semaines, soit environ un an et quatre mois, les participants sous Foundayo avaient perdu de 5 à 11 % de leur poids selon la dose. C’est entre 5 et 11 kilos pour une personne de 100 kg. Avec un placebo, la perte était de 2 à 2,5 %.

C’est moins que ce que l’on observe en général avec les injections de Wegovy ou de Mounjaro (lire combien de kilos perd-on vraiment). Mais les essais ne sont pas les mêmes, et aucune comparaison directe entre ces traitements n’est citée par l’EMA.

Pour le diabète, quatre études portant sur 3 765 adultes ont été retenues. Le taux d’HbA1c, qui reflète le sucre sanguin sur trois mois, a baissé de 1,2 à 1,9 point selon la dose, contre 1,2 à 1,5 point avec le sémaglutide en comprimé (Rybelsus) aux doses testées de 7 et 14 mg, d’après l’EMA.

Les effets indésirables les plus fréquents sont ceux de la famille : nausées, vomissements et diarrhée, plus courants pendant la montée de dose, puis moins fréquents avec le temps.

Que disent les spécialistes ?

Aux États-Unis, où Foundayo est autorisé depuis le 1er avril 2026, des médecins de l’obésité ont salué l’arrivée d’une option sans injection. « Les personnes qui vivent avec l’obésité ont besoin d’options de traitement qui partent de là où elles en sont », déclarait alors la Dr Deborah Horn, directrice du centre de médecine de l’obésité de la McGovern Medical School (UTHealth Houston), dans le communiqué de Lilly (traduit par nos soins). Un avis à lire en sachant qu’il est publié par le laboratoire.

Le comprimé est déjà vendu aux États-Unis depuis avril et au Royaume-Uni depuis août. Selon Reuters, il a rapporté 98 millions de dollars à Lilly au deuxième trimestre, et le laboratoire a déposé des demandes d’autorisation dans plus de 40 pays.

Ce qu’on ne sait pas encore

  • La date d’autorisation finale. L’avis part maintenant à la Commission européenne, qui décide en général dans un délai d’environ deux mois. Aucune date n’est annoncée.
  • Le prix et le remboursement. L’EMA rappelle qu’ils seront décidés pays par pays. Rien n’est connu pour la France ni pour la Belgique.
  • La date d’arrivée en pharmacie chez nous : Lilly ne l’a pas communiquée.
  • L’effet à long terme au-delà de 72 semaines, et ce qui se passe à l’arrêt : l’EMA n’en parle pas dans son annonce.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Pour l’instant, rien : Foundayo n’est pas disponible en France ni en Belgique, et il ne le sera que sur ordonnance. Méfiez-vous de tout site qui prétendrait le vendre : ce serait un produit illégal, potentiellement faux ou dangereux.

Si l’idée d’un comprimé vous intéresse, quelques questions à poser à votre médecin :

  • Un traitement contre l’obésité est-il adapté à ma situation, et lequel ?
  • Le comprimé de Wegovy, annoncé en France pour novembre, pourrait-il me convenir ?
  • Quels effets indésirables surveiller, et comment le suivi se passerait-il ?

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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