Arthrose : bientôt 1 milliard de malades dans le monde, ce qu’il faut savoir

Près d'un milliard de personnes pourraient vivre avec l'arthrose en 2050, contre 600 millions en 2023, alerte une feuille de route publiée ce lundi dans The Lancet. Les experts misent sur l'exercice, le poids et la prévention des blessures.

Seniors

Des genoux qui grincent en descendant l’escalier, une hanche raide au réveil : beaucoup y voient la simple « usure » de l’âge, contre laquelle on ne peut rien. C’est précisément cette idée que des spécialistes de l’arthrose veulent faire tomber. Dans une feuille de route publiée ce lundi 12 octobre dans la revue médicale The Lancet, à l’occasion de la Journée mondiale de l’arthrite, ils alertent : près d’un milliard de personnes pourraient vivre avec la maladie en 2050.

Ce qu’il faut retenir

  • Environ 600 millions de malades en 2023, près d’un milliard attendus en 2050
  • Le handicap lié à l’arthrose a grimpé de 65 % entre 1990 et 2023
  • Aucun médicament ne stoppe la maladie : exercice, poids et prévention des blessures en priorité
  • En France, environ 10 millions de personnes concernées selon l’Inserm

Qu’annoncent les chercheurs ?

L’arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente : le cartilage qui protège les articulations s’abîme, ce qui provoque douleur, raideur et gêne dans les gestes du quotidien. Selon l’équipe internationale réunie autour de l’université Curtin, en Australie (des experts de 18 pays), environ 600 millions de personnes en souffraient dans le monde en 2023. Ce chiffre approcherait le milliard d’ici 2050.

Le poids de la maladie grimpe déjà vite. Le handicap attribué à l’arthrose a augmenté de 65 % entre 1990 et 2023, l’une des plus fortes hausses parmi plus de 350 maladies suivies par l’étude mondiale de référence sur la charge des maladies (Global Burden of Disease). Et elle vient rarement seule : 67 % des personnes atteintes ont au moins une autre maladie chronique, contre 56 % des autres.

Il n’existe toujours aucun médicament capable de stopper ou de ralentir l’arthrose. D’où l’intérêt, selon les auteurs, de miser sur la prévention et sur des soins mieux ciblés.

Que proposent les experts ?

La feuille de route fixe trois priorités aux États : reconnaître l’arthrose comme une vraie maladie chronique, avec des chiffres nationaux ; proposer partout des soins de qualité et abordables ; et freiner sa progression en s’attaquant à deux facteurs sur lesquels on peut agir, l’excès de poids et les blessures articulaires, notamment au sport et au travail.

« Nous avons besoin que les systèmes de santé reconnaissent l’arthrose comme une maladie chronique majeure », plaide la professeure Lyn March, co-autrice principale (citation traduite par nos soins).

Les experts veulent aussi en finir avec certains mots. « Les expressions comme « os contre os » ou « usure » sont dépassées et poussent souvent les patients à décrocher de leurs soins », estime le professeur David Hunter, de l’université de Sydney.

Ils pointent enfin des soins jugés peu utiles ou risqués : les opioïdes (des antidouleurs puissants), l’arthroscopie du genou (une chirurgie par petite caméra) et certaines injections comme l’acide hyaluronique ou le plasma riche en plaquettes. À l’inverse, l’exercice, l’éducation du patient et la gestion du poids devraient être bien plus accessibles. En Australie, seules 23 % des consultations chez le généraliste pour arthrose incluaient un conseil sur le mode de vie.

Pourquoi rester prudent ?

  • Une feuille de route, pas une nouvelle étude : le texte rassemble des données existantes et des recommandations politiques ; il ne teste aucun traitement.
  • Des projections : le milliard de malades en 2050 est une estimation, qui dépend surtout du vieillissement de la population et de l’évolution de l’obésité.
  • La prévention par le poids n’est pas encore prouvée par des essais : excès de poids et blessures expliquent ensemble 14 % du risque d’arthrose du genou visible à la radio, mais les essais testant si maigrir empêche l’arthrose ne sont pas terminés.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

En France, l’Inserm estime qu’environ 10 millions de personnes sont concernées, dont 65 % des plus de 65 ans. L’institut recommande, en dehors des poussées douloureuses, une activité physique régulière et d’intensité modérée (il cite l’exemple d’une heure de marche trois fois par semaine) et une perte de poids en cas d’excès. Ces conseils de mode de vie valent aussi en Belgique, où le point d’entrée reste le médecin généraliste.

Concrètement, l’arthrose n’est pas une fatalité à « supporter ». Bouger régulièrement, protéger ses articulations des blessures et surveiller son poids restent les leviers les mieux étayés. Les nouveaux médicaments contre l’obésité suscitent aussi de l’intérêt : notre article sur le rétatrutide et l’arthrose du genou fait le point, ce traitement restant expérimental et non autorisé.

Les questions à poser à votre médecin ou à votre kinésithérapeute : quel type d’exercice est adapté à mes articulations ? Mon poids joue-t-il sur ma douleur ? Ce traitement ou cette infiltration a-t-il fait ses preuves ? Méfiez-vous enfin des produits « miracles » pour les articulations vendus en ligne : un complément alimentaire n’est pas un médicament, et aucun n’a démontré qu’il stoppait l’arthrose.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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